Comment faire du bon tempeh maison : le guide ultime

Faire ton tempeh maison, c’est possible !

Grande fan de tempeh, je sais qu’il gagne à être connu. C’est pourquoi, en 2010, j’ai décidé d’écrire le tout premier article de blog en français expliquant comment faire du tempeh maison.

Depuis, cet article a fait (re)découvrir le tempeh à des lectrices et lecteurs francophones. Il a été partagé des milliers de fois et commenté par des centaines de personnes. Cet engouement me rend très heureuse.

Toutefois… l’article méritait un rafraîchissement. Au fur et à mesure des années, le texte s’est compliqué, au gré des astuces ajoutées. En outre, les photos ont pris un coup de vieux. Bref, il était temps pour le guide ultime du tempeh de faire peau neuve, avec tout le savoir-faire accumulé ces dernières années.

Tu vas voir, dans cette version revue et corrigée, je t’ai synthétisé la méthode étape par étape. C’est tout simple.

En revanche, la fermentation reste un processus complexe. C’est pourquoi, en plus de la recette, j’ai glissé toutes mes astuces et mes conseils. Je rentre dans les détails, pour que tu comprennes bien ce qui se passe.

L’objectif : que tu réussisses le meilleur tempeh maison à chaque fois !

C’est parti !

Note : si tu ne sais pas très bien ce qu’est cet aliment dont je parle, je t’invite à découvrir d’abord mon article : Tout savoir sur le tempeh.

Comment faire du tempeh maison

Pourquoi faire ton tempeh maison ?

D’abord, si tu n’est pas au point sur ce que c’est, je t’invite à découvrir mon article qui t’explique tout ce que tu dois savoir sur le tempeh.

En résumé, le tempeh est une préparation javanaise à base de soja fermenté.

Si tu vis en Indonésie, on ne va pas se mentir toi et moi, tu n’as pas forcément d’intérêt à faire ton tempeh maison. Tu as déjà accès à du super tempeh préparé par les meilleurs artisans du monde.

Si toutefois tu ne vis pas en Indonésie, le tempeh maison peut changer ta vision de ce produit !

Choisis le tempeh maison, parce que c’est meilleur

D’abord, le tempeh maison bien frais, c’est tout simplement incomparable. Ses parfums et sa texture sont à tomber !

Le tempeh industriel a généralement une odeur moins douce et plus discrète, ainsi que des saveurs moins intéressantes.

Honnêtement, je ne comprends pas comment on peut vendre du tempeh aussi “bof” que celui que je trouve dans tous les magasins bio en France. C’est triste de mettre aussi peu en valeur un produit aussi génial.

Si tu veux déguster du bon tempeh, la meilleure solution : fais-le toi-même.

Ou bien choisis un bon produit artisanal. Dans cette optique, je te conseille le tempeh Biosegar, fabriqué en Gironde par Nurlaili, qui est indonésienne (il est disponible à la livraison).

Fais ton tempeh maison, parce que c’est moins cher

Autre avantage du tempeh maison : il est environ 4 x moins cher que le tempeh en magasin. Oui oui, quatre fois moins cher !

En Indonésie, le tempeh est une source de protéine bon marché. Mais c’est très différent dans le reste du monde !

À l’heure où j’écris ces lignes, le tempeh vendu en magasin bio en France métropolitaine (où je vis) affiche généralement plus de 20€ le kilo. Alors que faire du tempeh maison revient à moins de 5€ le kilo.

Comme tu peux le constater, le tempeh maison est vraiment une affaire !

Tempeh maison : les différentes étapes

Où trouver les ingrédients pour faire du tempeh maison ?

Fèves de soja dépelliculées

La base du tempeh, ce sont des fèves de soja. J’utilise des fèves de soja jaune dépelliculées. Elles sont généralement disponibles en magasin bio.

En France, la marque Celnat en commercialise. C’est le produit que j’utilise, parce qu’il est facile à trouver. Toutefois, je t’avoue que je trouve la qualité du soja très variable d’un paquet à l’autre.

Achète ton soja dépelliculé chez mon partenaire La Fourche (-20€ sur ta première adhésion avec le code PIGUT20) pour profiter du meilleur prix !

Tu trouveras également des fèves de soja dans certains supermarchés et boutiques d’aliments d’origine asiatique. Toutefois, les fèves y sont généralement vendues entières (et pas dépelliculées). Sous cette forme, ça demande plus de travail : la cuisson est plus longue et tu dois retirer la peau des graines avant la fermentation.

Ferment Rhizopus oligosporus

Les graines de soja sont inoculées avec un ferment : rhizopus oligosporus. Il se vend sous forme de poudre.

Tu ne trouveras pas ce ferment en magasin, mais plusieurs sites internet en proposent.

  • Pour l’Europe de l’ouest, je conseille Top Cultures qui existe depuis des années. C’est une valeur sûre.
  • Pour le reste du monde, tape Tempeh starter dans un moteur de recherche et choisis un vendeur plus proche de toi.

Conserve ton ferment dans un contenant fermé au réfrigérateur. Bien conservé, il se garde pendant de longs mois. Toutefois, si tu constates que ton tempeh a du mal à prendre, il est possible que ton ferment ne soit plus en forme.

La bonne température : fabrique ton incubateur à tempeh maison !

Traditionnellement, en Indonésie, le tempeh fermente à température ambiante. Le climat à Java est plutôt humide et la température moyenne annuelle approche des 30°C. Ça te donne une idée des conditions idéales pour faire ton tempeh.

Si tu vis dans un climat semblable à Java, bravo, tu as les conditions idéales sous la main. Sinon, ton but, est de trouver un incubateur qui puisse garder la température autour de 30°C (soit 85°F), pendant environ une journée.

Les incubateurs à tempeh possibles

Tes possibilités sont diverses, alors je t’ai sélectionné les plus pratiques :

  • Achète un incubateur dont tu peux régler la température à 30°C. Notes : à cause de l’assèchement trop important qu’il provoque, un déshydrateur ne convient pas. De même, une yaourtière basique ne convient pas, la température idéale pour le yaourt étant plus élevée. Mais une yaourtière réglable est une bonne idée.
  • Utilise un carton de livraison de produits frais, contenant un isolant (type polystyrène doublé d’aluminium), dans laquelle tu glisses une ampoule de 25W et une grille à pâtisserie.
  • Sers-toi de ton four, avec la lampe allumée. Ça fonctionne mieux s’il ne fait pas trop froid et que ton four n’est pas trop grand et/ou bien isolé.
  • Récupère une glacière ou un réfrigérateur hors d’usage et installe une ampoule de 25W à l’intérieur. Ajoute une grille au besoin.

Comment fabriquer ta boite à fermentation

Depuis une décennie, j’utilise un carton comme “boite à tempeh”. C’est une option DIY peu onéreuse, simple et efficace. Je m’en sert aussi pour mon levain et d’autres fermentations.

Commence par choisir un carton. Pour la taille, je te conseille un carton moyen (d’environ 30 ou 40 cm de côté), qui prendra peu de place et gardera efficacement la température.

Je te conseille d’opter pour un carton de livraison de produits frais. Tu sais, un carton isotherme, dont l’intérieur est tapissé d’un isolant argenté bien ajusté au carton, à base de polystyrène bien épais, doublé d’aluminium. Avec ce genre de carton, tu as l’isolation parfaite, sans effort !

Récupère ensuite le culot et le fil d’une “vieille” lampe de chevet, et visse une ampoule de 25W.

Si tu utilises le carton avec l’ouverture vers le haut, laisse simplement pendre ta lampe de fortune dans le carton. Si tu préfères, comme moi, avoir l’ouverture sur un côté, perce un petit trouve dans un coin du carton et glisse ton fil. Ensuite, ajoute le culot et l’ampoule, pour que ta lampe soit suspendue dans le coin de ton carton.

Ajoute une grille à pâtisserie dans ta boite. Tu ne poses pas ton tempeh en fermentation directement sur le carton, mais sur cette grille. Ça permet une bonne aération.

Enfin, s’il fait froid chez toi en hiver, prévois en plus un petit plaid, pour recouvrir ton carton. Il appréciera et ton tempeh aussi. Au contraire, s’il fait très chaud en été, tu pourras éventuellement laisser la lampe éteinte.

Voilà, ton incubateur fait-maison est prêt à aider ton tempeh à fermenter !

Comment fabriquer un incubateur

Quel matériel pour l’incubation du tempeh maison ?

Pour faire du tempeh maison, tu as besoin d’un incubateur, mais aussi d’un contenant. C’est lui qui va former ton tempeh.

En effet, le principe, c’est que le champignon grandis et viens remplir l’espace libre entre les fèves de soja. Alors, tu dois contenir tes fèves dans un espace limité. C’est ainsi que, petit à petit, le soja et le champignon forment un bloc.

Autre point indispensable : tu as besoin d’un peu d’oxygène. Mais pas trop non plus, afin d’éviter l’assèchement des graines.

En prenant en considération ces besoins, tu peux choisir un contenant adapté.

Le sac congélation

La solution la plus couramment utilisée est celle des sachets plastiques refermables, style “sac ziplock” pour la congélation.

Il en existe de toutes tailles. L’idéal étant de trouver la taille qui accueille parfaitement la quantité de soja que tu prépares. Sache qu’un tempeh peu épais, d’environ 3 cm, sera plus facile à réussir.

Ainsi, pour un tempeh d’environ 500 g, réalisé avec 300 g de graines sèches, je te conseille un sac congélation de taille moyenne. Choisis une taille autour de 25 cm x 20 cm.

Remplis ton sachet avec tes graines ensemencées de ferment, puis referme-le. Ensuite, perce des trous dans ton sachet, à l’aide d’une aiguille bien propre. Cette opération permet à l’oxygène de circuler.

Enfin, pose ton sachet sur une grille, dans ton incubateur. Et puis, laisse la fermentation faire son travail !

Le contenant à tempeh maison réutilisable

Dans le cas où tu préfères une option réutilisable, tu peux fabriquer ton contenant. C’est ce que j’ai fait !

Choisis une boite en plastique avec un couvercle (un tupperware). Elles doit être d’une dimension adaptée à la quantité de tempeh que tu aimes préparer.

Perce des trous dans ta boite, sur toutes les faces.

Au moment de préparer ton tempeh, rempli ta boite avec le soja. Puis, tasse légèrement. Enfin, ferme la boite. Dépose-la sur une grille dans ton incubateur et laisse fermenter !

Après utilisation, nettoie toujours très attentivement ton contenant réutilisable.

Pour ma part, j’utilise généralement une boite ronde d’environ 25 cm de diamètre. C’est parfait pour préparer 500 g de tempeh.

Elle fait 6 cm de haut. Cela étant dit, mon tempeh est moins haut, mais ça n’a pas de conséquence. L’idéal est de trouver la hauteur vraiment adaptée à la quantité de tempeh que tu souhaites préparer. Toutefois, si, comme moi, ta boite fait 2 cm de plus, ce n’est pas grave.

J’ai percé ma boite de nombreux trous à l’aide d’une grosse punaise. Les trous sont assez gros (environ 1,5 mm), afin que l’air puisse circuler. C’est parfait !

Pour finir, note que tu peux aussi utiliser des contenants style bacs en inox et les recouvrir d’un linge, par exemple. Toutefois, je ne te recommande pas cette méthode pour débuter.

Tempeh maison : les explications en français

Comment bien préparer les fèves de soja ?

Le soja est une légumineuse, comme les haricots rouges, les lentilles ou les pois chiches.

Pour préparer cette légumineuse, commence par faire tremper tes grains pendant au moins 8h (et plus, si tu as le temps).

Ensuite, cuis ton soja pendant 30 minutes et jusqu’à plus d’une heure. Le temps de cuisson peut varier drastiquement, selon la qualité des grains, le temps de trempage et la puissance du feu.

En fin de cuisson, il est important que tes grains de soja soient tendres. Le résultat n’est pas de la bouillie non plus, surtout pas. Les fèves restent fermes sous la dent et même légèrement croquantes, mais pas dures.

Goûte quelques fèves de soja pour vérifier. Leur saveur doit être agréable. Tant qu’elles sont dures à croquer, poursuis la cuisson !

Tu veux en savoir plus sur les légumineuses et leur préparation ? Découvre mon article ultra complet : tout savoir sur les légumineuses.

Comment faire du tempeh maison

Tempeh maison

La recette et toutes les étapes pour réussir ton tempeh maison !
5 sur 2 votes
Temps de préparation 1 h
Temps de cuisson 1 h
Temps de fermentation 1 d
Temps total 1 d 2 h
Type de plat Protéines végétales
Portions 500 g

Ingrédients
  

  • 300 g de fèves de soja jaune dépelliculé
  • de l'eau
  • 2 c. à soupe rases de vinaigre blanc
  • 1/2 c. à café de ferment Rhizopus oligosporus en poudre

Instructions
 

Trempage (8h à 12h+)

  • Fais tremper tes fèves de soja dans un grand volume d'eau pendant une nuit.
  • Égoutte le soja avant de passer à l'étape suivante.

Cuisson (30 min à 60min+)

  • Dépose le soja dans une casserole, recouvre d'un grand volume d'eau.
  • Porte le tout à ébullition, à couvert.
  • Puis baisse le feu et poursuis la cuisson pendant environ 45 min ou jusqu'à ce que le soja soit tendre.

Refroidissement / séchage (20 min+)

  • Éteins le feu, puis égoutte bien les fèves de soja. Enlève un maximum d'humidité (voir article).
  • Verse ensuite le soja dans la casserole, ajoute le vinaigre et mélange bien.
  • Laisse refroidir le soja, pour atteindre environ 35°C (soit 95°F).

Ajout du ferment (2 min)

  • Saupoudre le ferment en poudre sur les fèves de soja cuites.
  • Mélange activement avec une cuillère propre, pendant 1 à 2 minutes, afin de bien répartir le ferment.
  • Dépose enfin le soja dans ton contenant réutilisable (voir article) en pressant légèrement les grains. Ou remplis un sac congélation de taille moyenne et referme-le.

Incubation (24h à 48h)

  • Place ton contenant dans un incubateur autour de 30°C (soit 86°F) ou dans un incubateur fait-maison (voir article).
  • Laisse le soja fermenter pendant environ 24h ou jusqu'à ce que le champignon blanc remplisse bien tout le contenant et forme un blog avec le soja.

Notes

  • Conserve ton tempeh maison au réfrigérateur dans un contenant hermétique, pendant environ une semaine.
 
  • Je t’explique comment fabriquer un incubateur facilement dans l’article.
 
  • Retourne lire l’article pour découvrir toutes mes astuces et mes nombreux conseils pour réussir ton tempeh maison à tous les coups !
 
 
Mots clés protéines végétales, soja, tempeh, végane, végétarien

Comment savoir quand mon tempeh maison est prêt ?

Peu à peu, le champignon rhizopus oligosporus recouvre les fèves de soja jaune. Il arbore une belle couleur blanche. Ça ressemble beaucoup à la couverture duveteuse que tu vois sur du brie, par exemple.

Le champignon se glisse entre les grains, les rendant solidaires. Il forme une couche à l’aspect cotonneux autour du pain de soja qu’il a ainsi formé. Cette belle couche blanche duveteuse, le mycélium, peut atteindre plusieurs millimètres d’épaisseur. C’est tout à fait normal et souhaité. Tu vas voir, c’est délicieux !

Au moment où le champignon blanc a bien recouvert tout le soja et que la préparation forme un bloc solidaire, c’est prêt !

L’odeur boisée doit être douce et agréable.

Tu peux aussi observer quelques points ou des petits “tâches” de couleur noire. C’est sans danger et c’est tout à fait acceptable pour un bon tempeh.

Par contre, si tu constates des tâches noires très abondantes et/ou si le champignon semble prendre d’autres couleurs : attention ! Retire au moins les parties atteintes, ou jette carrément ton tempeh. D’autres organismes se sont joints à la fête, ce n’est vraiment pas optimal.

De plus, si tu détectes une forte odeur d’ammoniaque, ton tempeh a fermenté trop longuement et/ou à trop haute température. Sa texture est alors visqueuse à l’intérieur. Jette-le, je ne t’encourage pas à le manger.

Le tempeh étape par étape

Les clés pour réussir ton tempeh maison

Après des années à faire du tempeh, il m’est arrivé de rencontrer ponctuellement de nombreux petits problèmes. C’est comme ça que j’ai appris à apprivoiser au mieux cette fermentation.

Je te donne mes astuces en plus, pour le réussir parfaitement. Si tu ne maîtrises pas tout au début, ne t’inquiète pas. Reviens lire mes conseils dès que tu en as besoin. Tu verras, en cuisine et surtout en fermentation, l’expertise se développe avec l’expérience.

Prépare-toi bien

  • Fais attention à l’hygiène. Veille à ce que ta cuisine, ton matériel et toi soyez bien propres avant de commencer. Lave-toi les mains régulièrement.
  • Investis dans un thermomètre. Par exemple, un thermomètre sans contact, qui est utile au quotidien. En tout cas, vérifier la température va t’aider à gérer tout le processus.
  • Pour favoriser la fermentation et éviter les micro-organismes indésirables, un environnement plutôt acide est préférable, c’est pourquoi on ajoute du vinaigre. J’utilise généralement du vinaigre à 8°. Tu peux ajuster la quantité, si tu utilises un vinaigre plus ou moins fort. Il est possible d’ajouter le vinaigre directement dans l’eau de cuisson. Dans ce cas, utilise une bonne cuillerée à soupe de plus.
  • N’hésite pas à sécher les graines après la cuisson. Pour ça, il te suffit de bien les égoutter. Toutefois, si ce n’est pas suffisant, tu peux ajouter une étape à la préparation. Après l’égouttage, remets-les dans la casserole et allume le feu. Mélange bien pour éliminer l’excès d’humidité autour des grains. Mais ne dépasse pas 2 minutes de cuisson, tu veux juste sécher l’extérieur des grains. En cas de dessèchement complet, ça impacte tout aussi négativement la recette. Ensuite, laisse la température des grains redescendre entre 30°C et 40°C.

Réussis la fermentation de ton tempeh maison

  • Surveille la température durant l’incubation. Retiens que la fermentation doit se poursuive tranquillement autour de 30-32°C (85-88°F) tout du long. C’est la température préférée de ton ferment, maintiens-la, afin qu’il se développe au mieux !
  • Il est important que la fermentation commence tout de suite. Donc ne laisse pas ton soja refroidir plus que nécessaire avant d’ajouter le ferment. Pour cette raison également, tu peux mettre ton incubateur à préchauffer un peu à l’avance. De plus, si tu utilises une boite (plutôt qu’un sac congélation), pense à la réchauffer aussi. Place-la dans ton incubateur, dès que tu allumes celui-ci.
  • Garde bien en tête que quand la fermentation peine à débuter parce que la température est trop basse, le résultat final est souvent décevant. Pour tout te dire, en hiver, quand il fait froid dans ma cuisine, j’ai tendance à recouvrir ma “boite à tempeh” d’un petit plaid. Sinon, cette dernière peine à garder la température.
  • Ensuite, jette un œil à la température de temps en temps et apprends à observer l’évolution de ton tempeh. Tu sauras rapidement dire si tout se passe bien ou s’il a l’air de traîner la patte.
  • Au bout de 4 ou 5 heures d’incubation, ton tempeh commence tout doucement à se former. Tu ne vois pas encore le champignon. Mais la fermentation produit un peu de chaleur. Surveille de temps en temps. Si besoin, diminue légèrement la température dans ton incubateur (en l’ouvrant un peu, par exemple), afin d’éviter une surchauffe.
  • Au bout de 8 à 12h, ton tempeh est bien lancé. Il produit sa propre chaleur. Il y a encore plus de chance qu’il surchauffe. S’il ne fait pas trop froid dans la pièce, j’éteins carrément la lampe de ma “boite à tempeh”. La chaleur produite par le tempeh en fermentation est alors souvent suffisante pour se maintenir à 30°C à l’intérieur de l’incubateur.

Mes conseils en plus pour réussir ton tempeh maison

  • Tu peux choisir ta fermentation idéale. Le minimum est d’attendre que le tempeh soit bien formé, qu’il se tienne. Tu peux arrêter la fermentation à ce moment là. Sinon, tu peux décider de poursuivre, pour obtenir une saveur un peu plus puissante. Continue quelques heures de plus. Veille à ce que l’odeur reste discrète et boisée.
  • Lorsqu’il est prêt, transvase ton tempeh dans un contenant hermétique bien propre. Conserve-le au réfrigérateur. La fermentation est alors quasiment stoppée par la température du frigo (mais pas complètement). Garde ton tempeh maison pendant environ une semaine… si tu n’as pas tout mangé d’ici là ! Pour le conserver plus longtemps, tu peux aussi le congeler.
  • Le tempeh peut également être réalisé avec d’autres légumineuses et même des céréales. Tu peux aussi ajouter des épices. Mais garde à l’esprit que, comme toute fermentation, en ajoutant des ingrédients, tu augmentes la probabilité de problèmes potentiels. Je te conseille d’essayer quand tu seras à l’aise avec le tempeh traditionnel. En tous cas, retiens que tes légumineuses ne doivent jamais être trop cuites.
Comment obtenir un tempeh parfait

Mon tempeh maison est raté, que s’est-il passé ?

Sèche tes larmes. Un tempeh raté, ça arrive à tout le monde !

L’important, pour avancer, c’est d’essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Forte de mes années d’expérience, je partage avec toi les principales causes de “tempeh qui foire”.

J’ai sauté une étape importante

Est-ce que la cuisson était suffisante ? As-tu pensé à ajouter du vinaigre ? Tu as laissé refroidir les grains après la cuisson ? Le ferment était-il bien mélangé ?

Vérifie que tu as bien suivi la méthode, point par point. Parfois, on peut oublier une étape, sans s’en rendre compte.

Je n’ai pas respecté les règles d’hygiène de base

En cuisine et particulièrement quand on fait de la fermentation, l’hygiène est importante !

Garde ta cuisine propre et assure-toi que tout le matériel que tu utilises est bien propre. Privilégie les ustensiles en inox, faciles à laver. Enfin, pendant la préparation, lave-toi bien les mains régulièrement.

Le ferment n’est plus efficace

On l’a dit, le ferment doit être conservé au réfrigérateur dans un contenant fermé. Et même s’il est bien conservé, il peut se fatiguer, si tu le gardes vraiment longtemps.

Si tu as l’impression que la fermentation traîne la pâte, la solution est peut-être de partir sur un ferment tout frais.

Si la cause est bien un ferment qui a vieilli, tu peux aussi essayer augmentant la dose de ferment. Parfois, ça suffit. Parfois, il est vraiment trop fatigué.

La température n’était pas adéquate

Surveille la température. Pour rappel, elle doit rester autour de 30°C (85°F).

Utilise tous les moyens à ta disposition pour la contrôler, ça peut-être un simple thermomètre, dont tu vérifies régulièrement la température.

Généralement, le problème vient d’une température trop élevée. Tu as une marge de quelques degrés de plus ou de moins, autour des 30°C (85°F). Mais évite de dépasser 33°C (91,5°F), c’est déjà trop. Autour de 38°C (100°C), ton champignon va carrément se demander s’il doit cuire ou se développer !

Une température trop basse peut également te causer des problèmes. Tu vas continuer la fermentation trop longuement. À ce moment là, d’autres organismes peuvent faire leur apparition. C’est potentiellement la cata.

L’humidité n’est pas optimale

Le plus gros risque, c’est le trop d’humidité. Ça peut mener à un développement bactérien. Dans ce cas, ton tempeh peut être visqueux et malodorant. C’est fichu.

Un environnement trop sec peut aussi empêcher le bon développement du ferment. Il faut donc trouver le taux d’humidité parfait pour cette fermentation.

Ton but : devenir un spa à rhizopus oligosporus !

Dans cette optique, je te conseille de toujours bien égoutter les grains, une fois qu’ils sont cuits.

D’ailleurs, au besoin, tu peux ajouter une étape à ta préparation : une fois égouttés et remis dans la casserole, réchauffe les grains. Allume le feu et remue, pour aider à enlever l’excès d’humidité. Fais-le juste quelques minutes, pour assécher les grains à l’extérieur, sans les dessécher complètement à l’intérieur. Vois cette étape comme la skincare ultime de tes légumineuses. Ton tempeh n’en sera que plus beau.

C’est la faute à pas de chance

Ta cuisine n’est pas un lieu stérile. Et puis, comme moi, tu n’as probablement pas des instruments de mesure high-tech pour vérifier la température, l’humidité ou l’acidité. D’autre part, tu as une vie, alors tu ne passes pas ton temps à observer ton tempeh.

C’est pourquoi, parfois, il est difficile d’identifier exactement pourquoi ton tempeh n’a pas bien pris…

C’est toute la beauté de la fermentation !

Un coup, ça fonctionne parfaitement, sans même que tu y prêtes attention. Une autre fois, ça ne marche pas comme tu veux, alors même que tu y a mis tes meilleures intentions.

Dans tous les cas : persévère !

Essaie toujours de comprendre, c’est comme ça qu’on avance. Mais ne te flagelle pas, si parfois le résultat n’est pas à hauteur de tes espérances.

Je fais du tempeh depuis plus d’une décennie avec mon compagnon. Et de temps en temps, il nous arrive encore de nous planter. C’est comme ça !

Raconte ton expérience en commentaire : Tu as testé le tempeh maison ?

Quelle a été ton expérience ? Partage tes réussites et, s’il y a eu des ratés, raconte-nous pourquoi !

Tu veux en savoir plus sur cet aliment ? Fonce lire l’article où je t’explique tout sur le tempeh.

Enfin, tu as envie de te lancer ? Vas-y, tu as toutes les clés, je suis de tout cœur avec toi !

Cette recette te fait envie ? 📌 Épingle-la sur Pinterest pour la retrouver facilement !

Crédit photo : Melle Pigut & Canva.

5 réflexions sur “Comment faire du bon tempeh maison : le guide ultime”

  1. 5 stars
    Bonjour
    Merci beaucoup pour tous vos conseils ! 😃 👍
    J’adore aussi le tempeh 🥰
    J’en ai déjà fait, mais je ne l’ai pas souvent réussi ?
    Quand vous mettez le tempeh dans le sac de congélation, est-ce qu’avant vous avez percé des trous dans le sac ?
    On m’a dit de percer des trous tous les 1 cm dans le sac pour laisser respirer le tempeh ?
    Je ne sais pas si c’est à cause de ça que mon tempeh rate ?
    Au plaisir de vous lire . 😃

    1. Hello Jacqueline,
      Déjà bravo d’avoir tenté le tempeh maison !
      Ce n’est pas si facile d’oser se lancer dans l’aventure de la fermentation.

      Oui, perce des trous dans le sac congélation. J’en parle dans l’article, dans la partie matériel.
      Tu peux lire les explications ici : https://vegetalisetoi.com/blog/tempeh-maison/#Quel_materiel_pour_lincubation_du_tempeh_maison

      Ensuite, vers la fin de l’article, je mets le doigt sur ce qui a pu mal se passer quand un tempeh est raté. N’hésite pas à revoir la liste quand ça t’arrive.

      Je te souhaite plein de tempeh réussis !

  2. 5 stars
    Merci pour cet article ultra complet !
    Je suis déjà fan du tempeh Soy alors j’ai vraiment hâte de goûter un fait maison ! Maintenant il faut juste se motiver… Mais l’argument prix devient un très bon argument à l’heure actuelle, en + du goût que je suis curieuse de découvrir…

    1. Ahh génial Sophie !
      Tu verras, la mise en place les premières fois, c’est le plus compliqué. Ensuite, c’est clair que ça en vaut la peine !

  3. Ping : Le tempeh c'est quoi ? Tout savoir ! - Végétalise-toi !

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